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Construire une nouvelle « architecture » financière aux dépens des démunis


À l'intérieur d'un immeuble à bureaux de Washington, les gardiens de l'argent du monde prépare une nouvelle « architecture » pour le système économique international.

Comme on l'a si souvent constaté dans le passé, les objectifs de cette nouvelle architecture se traduisent par le renforcissement des structures financières et du commerce au détriment des travailleurs et des pauvres.

Le Fonds monétaire international, ce disciple du profit, se renforcit malgré la critique acérée sur la façon dont la crise est gérée dans le Sud-Est asiatique. Il a sorti d'affaires quelques banques internationales en leur fournissant des milliards de dollars tandis que des milliers de gens perdaient leur travail.

En ce moment, le FMI renforcit aggressivement sa position et sa capacité d'agir au nom des riches et puissants. Il érige un cadre qui, paradoxalement, fournira des nouvelles directives pour favoriser l'expansion sans scrupules de ses intérêts.

Les agissements du FMI ne sont pas tous inappropriés. Il est censé encourager des systèmes de régulation et de transparence dans les opérations bancaires des pays membres, ainsi que dans les recettes et dépenses gouvernementales.

Pour la première fois, il y a même des discussions à propos des tentatives de faire intervenir les créditeurs du secteur privé lorsque les choses tournent mal. En ce moment, la facture est refilé au secteur publique.

Dans le monde douillet des finances internationales, cette idée de laisser le profit privé à son propre sort est un concept tout à fait étrange.

Les banquiers poussent des cris de douleur, bien sûr. Ils versent de l'argent s'ils font face à une perte ? Oubliez ça. Ils veulent leurs que leurs supposés prêts à risque élevés soient protégés et sont choqués d'entendre que les gouvernements hésitent à utiliser les fonds publiques pour les sortir d'affaires.

Le FMI se conforme aux nouvelles lignes de crédit conçues non pas pour les pays en crise mais pour ceux qui pourraient rencontrer des problèmes en cours de route. Autrement dit, lorsque les principales banques se lance dans une quête de profits rapide en s'aventurant dans des projets à haut risque dans une économie émergeante, le FMI leur en assure le remboursement avec les fonds publiques.

Le gouvernement des États-Unis, sympatique au FMI et à la communauté bancaire, bloque les efforts de certains gouvernements pour établir des règles qui limitent l'usage des fonds publiques pour permettre aux banques privées de se sortir d'affaires.

Un autre aspect de cette nouvelle architecture est l'emprise explicite du FMI sur les pays les plus pauvres. Le FMI augmente son influence en exigeant la conformité avec ses programmes de restructuration économique comme moyen d'allèger les remboursements des dettes. Par contre, la série de mesures incluse dans la réforme est elle-même critiquée, comme le démontre l'examen indépendant que le FMI a lui-même commandé tout récemment (son premier)
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Maintenant, la réforme du FMI des programmes macroéconomiques destinée aux pays pauvres, la Facilité d'ajustement structurel renforcée, est en train de s'effriter.

Après des années de critique, le FMI a consenti à un examen indépendant qui réclame de nouveaux efforts tels que l'amélioration des conditions de vie des pauvres, ainsi que la participation locale et l'établissement des droits de propriété sur les programmes de restructuration économique. Les recommandations du comité de révision datent de moins d'un an, mais elles ont déjà été reléguées aux oubliettes.

Les études de cas se déroulant maintenant sans grand entousiasme, le FMI évalue la distribution des revenus et la croissance économique en les considérant comme des éléments distincts. Il ne vérifie pas si ces programmes bénéficient à la majorité de la population ou bien s'ils lui nuisent .

Les politiques du FMI encouragent l'expansion et le renforcissement du système de marché mondial mais n'apportent aucune amélioration aux conditions de vie de la majorité de la population. Leur objectif est d'obtenir une stabilité et une croissance macroéconomique, et non le progrès social.

Les actions du FMI pourraient bien accroître la pauvreté, interrompre l'éducation et réduire l'espérance de vie, comme l'a dit Joseph Stiglitz, économiste en chef de la Banque mondiale.

La réduction de l'espérance de vie veut dire, bien sûr, qu'il y a plus de gens qui meurent. Par contre, le FMI refuse d'entreprendre une réforme de ses programmes pour assurer, du moins, qu'ils ne créent encore plus de souffrance humaine.

Il persiste à prescrire des restructurations économiques oppresssives, sans égard pour les conséquences humaines et malgré un contexte de crise sociale majeure.

La question de la dette du tiers-monde, où le montant d'argent extirpé des pays pauvres est plus élevé que celui dépensé pour les soins de santé de base, la nutrition et l'éducation, tandis que les enfants meurent, n'est pas considérée comme une urgence mais comme une occasion pour le FMI d'étendre son autorité.

Le FMI se sert de cette situation, qui afflige cruellement des milliers de gens démunis, afin de forcer les changements de politiques au nom du pouvoir et des privilèges. Il refuse d'annuler les dettes pour une raison très simple.

« Une fois la dette annulée, vous n'avez plus aucune marge de manœuvre », a dit l'assistant directeur du FMI en Europe, Michael Hadjimichael, il y a deux semaines.

Son patron, le directeur Michel Camdessus du FMI, a répété ce point peu après, en disant que « l'allègement de la dette peut être une puissante motivation pour entreprendre une réforme économique. »

Quelles seront les motivations du FMI concernant la réforme ? Il est clair que « les outils du maître ne détruiront jamais la maison du maître », disait Audre Lorde.

Considérer le bien-être humain comme étant plus important que la recherche de profit serait un début. Considérer que les valeurs humaines sont plus importantes que l'argent. Ensuite, nous pourrons revoir les besoins dans le cadre de cette nouvelle « architecture. »

– Derek MacCuish