Nouvelles et communiqués
2 février 2005

Les propositions du gouvernement ne s'accordent pas avec la décision du Canada de diriger l'allègement de la dette du tiers-monde.


Le Comité pour la justice sociale accueille avec enthousiasme l'appel du gouvernement canadien pour l'annulation totale de la dette. Malheureusement, la proposition canadienne est fondamentalement identique à celle que le Royaume-Uni propose depuis des mois, et certains aspects ne sont pas à la hauteur.

S'opposant à la comparaison faite par rapport à la proposition du Royaume-Uni, certains représentants dans ce dossier ont affirmé qu'il "ne s'agissait pas d'un concours de beauté".. Depuis le milieu des années 1990, les pays riches, qui cèdent aux pressions de leurs citoyens consternés par le fait d'exiger aux pays pauvres de s'acquitter du paiement de leurs dettes, se livrent à une forme de compétition de l'allègement de la dette.
Le plan du Royaume-Uni prévoit mettre la réévaluation de l'or à laquelle a procédé le FMI au profit de l'allègement de la dette; la proposition du Canada est, à ce sujet, plus réticente. Selon le plan du Royaume-Uni, une assistance immédiate serait fournie à l'Albanie et à l'Arménie. Le plan canadien n'en fait aucune mention et s'applique à un nombre moins élevé de pays que plan du Royaume-Uni.

Le champ d'application des plans du Royaume-Uni et du Canada se restreint aux pays qui ont terminé le programme de restructuration économique du FMI et de la Banque mondiale et qui ont implanté un programme d'ajustement structurel, ce qui ne reflète en rien les besoins associés à la pauvreté.

Le plan canadien renvoie à une action "immédiate" dont l'effet ne toucherait que 4 % de la dette contractée par les pays du tiers-monde envers le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Un moratoire imposé sur la totalité de la dette constituerait une action bien plus efficace que celle que le plan canadien met de l'avant, moratoire sur lequel a d'ailleurs s'est fondée l'approche que le gouvernement a adoptée par rapport à la dette contractée envers le Canada. Les représentants officiels du gouvernement se plient à l'argument du FMI et de la Banque mondiale, selon lequel un tel moratoire causerait des dommages à la viabilité financière de leurs pays. « Le gouvernement canadien semble préférer un pogramme d'allègement de la dette prolongé et inadéquat au lieu d'une réduction des moyens de la Banque mondiale qui, en tant que principal créancier du tiers-monde, ne cesse de fuir ses responsabilités » déclare Derek MacCuish, coordonnateur du Comité pour la justice sociale.
Un moratoire complet et immédiat imposés aux paiements de la dette profiterait davantage aux pays du tiers-monde. Alors que les propositions actuelles s'enlisent dans les détails et et perdent l'essentiel de leur efficacité, les pays riches débattent de la manière d'assumer leurs coûts.

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Source : Par Derek MacCuish