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LE COMITÉ POUR LA JUSTICE SOCIALE CONDAMNE LA DERNIERE INITIATIVE EN DATE DE LA BANQUE MONDIALE : LE FINANCEMENT DE SHELL OIL DANS LE DELTA DU NIGER, UNE REGION TROUBLEE D'AFRIQUE.

Montréal, le 21 juin : le Comité pour la justice sociale exprime sa consternation face á la perpétration par Banque mondiale d'une politique de soutien des compagnies pétrolières, aux dépends de la protection des droits humains et de la santé communautaire. Cette semaine, le conseil d'administration de la Banque mondiale a accordé un prêt de 15 millions de dollars pour soutenir les activités de la compagnie Shell au Nigeria; les représentants du Canada comptaient parmi les membres favorables á ce projet.

Le Docteur Owens Wiwa, frère de l'activiste Ken Saro-Wiwa qui fut exécuté pour s'être opposé au développement d'activités pétrolières dans le Delta du Niger, a déclaré que "Shell Nigeria continue d'agir de façon imprudente et irresponsable, entraînant une dégradation permanente du milieu naturel, la destruction des moyens d'existence des communautés ainsi que des conflits communautaires dans le Delta du Niger. La semaine dernière, un contingent de la police mobile du Nigeria, chargé de la protection des investissements Shell au Ogoni land, a tué un Ogoni qui n'était pourtant pas armé. En approuvant ce projet, la Banque a donné son aval quant aux violations des droits humains dans la région du Delta du Niger au Nigeria. " Monsieur Wiwa a fui le Nigeria et vit aujourd'hui á Toronto.

Dans son communiqué de presse du 20 juin, la Banque mondiale parle de ce prêt comme faisant partie de "l'établissement d'un crédit initialement prévu de 30 millions de dollars " destiné au secteur pétrolier local. Le programme a été approuvé bien que Peter Woicke, vice-président directeur de la International Finance Corporation (IFC), la division de la Banque mondiale qui finance le prêt, ait admis que "l'insuffisance des flux des profits vers les populations locales était l'un des problèmes majeurs du Delta du Niger. [Ils sont] également conscients que ce projet comporte des risques. "

Le moins dernier, on a rapporté au moins six cas de déversement de pétrole et d'explosions dans les structures Shell situées sur la zone du Delta du Niger. Des entités locales ont déclaré á plusieurs reprises que les activités de Shell avaient aggravé la situation de leurs communautés. Et pour cause, les prêts de ce type, financés par l'IFC, ne sont pas tenus de satisfaire aux mêmes critères sociaux et environnementaux que les autres projets de la Banque mondiale.

Le CJS demande que le ministre des Finances Paul Martin, qui détermine la politique du Canada au sein de l'institution en sa qualité de Gouverneur, veille á ce que le Canada s'oppose á tout financement par la Banque mondiale de projets pouvant occasionner une violation des droits humains ou des effets négatifs sur la société et l'environnement concernés.

Informations : Derek MacCuish

Recherche économique et coordinateur pour le CJS.