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Conditions à l'allègement de la dette : Exigences de la Banque mondiale et du FMI

Conséquences sur les démunis

La Banque mondiale et le FMI ont adopté un nouveau discours sur la réduction de la pauvreté, reliant l'allègement de la dette essentiellement à des actions contre la pauvreté devant avoir lieu cet automne. Mais les pays qui entrent dans le processus d'allègement de la dette sont toujours soumis aux mêmes conditions qu'autrefois, n'ayant pas grand chose à voir avec la réduction de la pauvreté et qui d'ailleurs seraient plutôt propices à accroître les privations infligées aux plus pauvres. Deux des pays à avoir signé ces accords dernièrement sont la Guinée et le Honduras.

Guinée Les conditions à l'allègement de la dette sont, entre autres : la privatisation de l'énergie, la privatisation des télécommunications, la dérégulation des prix du pétrole et la suppression des subventions pour les transports publics (décembre 1999).

Honduras Les conditions pour l'allègement de la dette incluent : la privatisation des télécommunications, la libéralisation du secteur minier et la mise en place de frais de services bancaires (novembre 1999).

Quelques conséquences de ce type d' " ajustements structurels " sur les communautés pauvres

Côte d'Ivoire Sommée en 1994 de libéraliser son marché du travail, de cesser de contrôler les prix et de privatiser les opérations jusqu'alors dirigées par l'état.

Résultat : les salaires réels ont chuté et les prix à la consommation ont augmenté. Les populations rurales ont été durement touchées par les taxes imposées sur les exportations de café et de cacao. En 1995, l'incidence de la pauvreté était trois fois celle de 1985, et s'était élargie à d'autres groupes socioéconomiques. Des frais pour les patients ont été introduits dans le système médical, tandis que les dépenses de santé et d'éducation se sont encore éloignées davantage des services destinés aux pauvres.

Malawi Priée en 1988, puis à nouveau en 1995, de réformer son agriculture.

Résultat : la hausse du prix du maïs pour le consommateur a frappé 40% des petits propriétaires terriens les plus pauvres qui ne produisaient pas assez pour subvenir à leurs propres besoins. Les réformes ont bénéficié aux plus favorisés qui produisaient suffisamment de maïs pour faire des profits ( mais les revenus des travailleurs agricoles ont diminué de moitié en 1994-1995).

Zambie On lui a demandé en 1991, puis plus tard à la suite d'autres ajustements, de passer d'une agriculture de subsistance à la production de cultures commerciales, de libéraliser son marché financier interne et de privatiser. Mais aussi d'arrêter de subventionner la production de maïs et l'achat d'engrais, de stopper net les crédits bancaires et de couper dans les dépenses sociales.

Résultats : une explosion des prix (500% d'inflation en 1992). Le secteur formel de l'emploi urbain a diminué d'un quart par rapport à la main-d'ouvre des villes. Les revenus des petits propriétaires, ainsi que les salaires des citadins ont chuté. Le niveau de vie général a baissé. La malnutrition a augmenté parmi les petits propriétaires. Les coupures dans les dépenses sociales, de même que l'introduction de frais médicaux pour des services de base, ont touché les plus pauvres de façon particulièrement dure. On a également observé un dégradation de la qualité de l'enseignement.

Zimbabwe Forcé de déréguler son marché du travail et de privatiser son système de santé.

Résultat : Baisse des salaires réels et hausse du chômage. La réduction du secteur manufacturier a entraîné la suppression de 12.000 emplois entre 1991 et 1996, tandis que les salaires réels diminuaient de 26%. Le coût de la nourriture a augmenté de 36% par rapport à tous les prix à la consommation. Le FMI avait prédit une augmentation de 8% de la capacité de consommation par habitant; elle est en réalité tombée de 37% ...

Les dépenses publiques pour la santé ont diminué, et les plus pauvres n'ont plus accès aux soins médicaux. Les ruptures de stocks de médicaments sont devenues monnaie courante. Avant que le FMI ne s'en mêle, la mortalité infantile était en baisse; depuis, elle a quadruplé entre 1988 et 1994. (Bien que le SIDA soit largement la cause de cette dégradation des indices de santé, la maladie s'est cependant davantage répandue au moment de la réduction des dépenses de santé.)

Tanzanie Priée de privatiser son secteur public et d'en réduire les effectifs entre 1991 et 1996. L'agriculture a été dérégulée et les subventions gouvernementales supprimées. La Banque du développement rural a été privatisée en 1996.

Résultat : le prix des engrais et d'autres intrants agricoles a augmenté. Les crédits ont été coupés pour les petits exploitants, tandis que les crédits accordés par les banques privées sont uniquement destinés aux productions de cultures d'exportation. La vie est devenue plus chère et l'accès à la nourriture étant limité, les rations alimentaires ont stagné, voire décru.

Guatemala Obligé de privatiser ses communications.

Résultats : 2500 travailleurs immédiatement licenciés, malgré les promesses de sécurité de l'emploi. Beaucoup de personnes pauvres utilisent les téléphones publics, mais ces derniers ont été recalibrés de sorte qu'ils ne fonctionnent plus avec des pièces, mais avec des cartes prépayées de la valeur d'une journée de travail ou plus.