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Pourquoi les pays du Sud ne pourront jamais rembourser leurs dettes?

Dans les années 1970-1980, avec l'émergence du processus d'endettement mettant en avant, aussi bien les responsabilités des élites des pays créditeurs que ceux des pays débiteurs, trois faits ont entraîné les pays pauvres dans la spirale de l'endettement. Tout d'abord, les pays les plus riches ont augmenté considérablement les taux d'intérêts, si bien que les sommes à rembourser ont grimpé en flèche. Les prix des produits primaires ont chuté de 30% en moyenne, si bien que les revenus de ses habitants se sont effondrés. Les prix du pétrole ont quadruplé, entraînant une augmentation des coûts. Tous ces problèmes sont difficilement gérables par les pays du Tiers-Monde.

Les effets de l'endettement

Les pays les plus pauvres du monde consacrent plus de temps dans le remboursement de leurs dettes que dans les problèmes de santé de leurs populations.

Huit millions d'enfants meurent chaque année de maladies qu'on peut prévenir ou traitées, telles la pneumonie, la diarrhée, la rougeole.

Aujourd'hui, les pays africains doivent rembourser trois fois la somme qu'ils ont initialement empruntée.

Les pays qui ne peuvent s'acquitter leurs dettes se retrouvent dans l'obligation de se tourner vers le Fond Monétaire International (FMI), une institution financière internationale qui leur offrent des prêts supplémentaires sous de conditions extrêmement rigide connues sous le nom de Programme d'Ajustement Structurels (P.A.S).

Ces P.A.S exigent plusieurs contraintes de la part des pays débiteurs comme la privatisation des industries, la dévaluation de la monnaie, les coupures de dépenses dans la santé, l'éducation et l'emploi.

Les coupures dans la santé et dans les services sociaux affectent lourdement les femmes et les jeunes filles.

Les forêts tropicales sont en voie de destruction, les réserves de poissons s'épuisent, on exploite les richesses minières pour augmenter les exportations et ainsi, rembourser les dettes.

Dans tous les cas, tenez compte des faits suivants

Les prêts internationaux sont souvent négociés à huis clos entre des élites et des créditeurs puissants comme le F.M.I, la Banque Mondiale, les gouvernements des pays les plus riches et les banques privées. Et pourtant, le fardeau du remboursement a des retombées sur les gens ordinaires qui n'ont pas eu leurs mots à dire dans la conclusion de cet accord.

Les prêts ont souvent servi à acheter des armes, des "pots de vins", ou à financer de "prestigieux projets" destructifs pour l'environnement.

Les prêts sont accordés pour des raisons politiques. Par exemple, on a prêté des millions à Mobutu, l'ancien dictateur du Zaire, pour renforcer sa puissance en laissant le peuple zairois avec une dette écrasante.

Il n'y a pas de loi internationale sur la faillite. Les pays ne peuvent que s'enfoncer dans l'abîme de la dette et de la dégradation économique.

Si nous ne voulons plus laisser se reproduire la situation désastreuse dans laquelle se retrouve les pays pauvres, l'annulation de la dette doit être la première étape à réaliser pour la reconstruction d'un système économique global.

Consultez la section "ressources" pour voir ce que le CJS propose comme le matériel visant à informer le public sur l'endettement des pays pauvres.



La Proposition du Gouvernement Canadien quant à l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde est Insuffisante

La proposition avancée par le Ministre des finances, Mr Goodale, cède la responsabilité d'alléger la dette du Tiers-monde aux experts britanniques. Le Comité pour la justice sociale accueille avec enthousiasme l'appel du gouvernement canadien pour l'annulation totale de la dette. Malheureusement la proposition canadienne est fondamentalement identique à celle que le Royaume-Uni propose depuis des mois, de plus, certains aspects ne sont pas à la hauteur.