Le Comité pour la justice sociale Soumission au Tribunal International du Peuple sur la Dette, Porto Alegre Brésil 2-3 février
Presque trois années après que les représentants du Jubile 2000 Campagne de l'Abolition de la Dette présentèrent une pétition aux dirigeants du G-7 à Cologne, les difficultés économiques des pays sévèrement endettés demeurent inchangées. En fait, il est possible d'énoncé franchement que celles-ci se retrouvent dans une situation pire. Pendant ce temps, des centaines d'organisations de développement du monde entier semblent avoir perdu de vue l'essentiel du portrait, préférant s'impliquer dans des négociations sans envergure avec le FMI et la Banque Mondiale et leurs gouvernements partisans. Des mots choquants? Vérifions l'état des choses.
à Cologne, les gouvernements du G-8 ont répondu à l'appel pour la révocation de la dette avec des promesses immédiates sur le soulagement de la dette. Ils ont promis d'annuler des dettes équivalentes à des milliards de dollars que doivent les pays couverts par l'initiative des Pays Pauvre Très Endettés ( PPTE). Plus de pays aurait été éligibles au soulagement de dette et les restrictions sur le niveau d'endettement seraient assouplies. Ce qui peut sembler un geste positif, le FMI et la Banque Mondiale ont introduit un nouveau programme, le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté ( DSRP). Chaque pays endettés doit démontrer comment la réception d'une diminution de la dette peut aider celle du pays pauvre.
Tout ceci semble très bien : Finalement, le fardeau de la dette pourra être enlevé du dos des pays les plus pauvres du monde. La venue du DSRP fut accueillie de façon positive. Après tout, qui souhaite que les riches s'enfuient avec tout l'argent? Toutefois, la réaction était loin de faire l'unanimité et quelques organisations, telle que la SJC, ont dénoncé le programme. Une bonne partie de l'annulation de la dette- le soi-disant milliard de dollars- est de l'argent qui ne va pas et ne peut pas être acquitté par les pays appauvris. Le programme des ajustements structurels devait encore être suivi et le nouveau programme DSRP, élaboré par les pays affectés, doit être jugé acceptable par la direction et les dirigeants du FMI et de la Banque Mondiale.
Nous devons également mentionner que ni le G-8 ni le FMI et la banque Mondiale n'ont admis avoir aucune responsabilité, quelle qu'elle soit, dans les difficultés économiques de ces pays pauvres. Plusieurs des créanciers ont agi de façon irresponsable sinon criminelle : Les gouvernements de l'Ouest ont armé et donné leur support à plusieurs dictatures, si ce n'était pour les placer carrément au pouvoir. Au début des années 1980, l'Ouest a augmenté les taux d'intérêt à des niveaux astronomiques, ce qui a rendu le remboursement de la dette impossible. Les programmes du FMI et de la Banque Mondiale imposés aux pays pauvres furent souvent mal conçus et dommageables. Tous ces facteurs sont forts à propos dissimulés et ignorés par les pays créanciers et les institutions.
Où cela nous mène t-il présentement? Un bref aperçu des pays les plus pauvres du monde - ceux où le mot pauvreté est totalement inadéquat- démontre qu'ils n'ont pas reçu aucune aide promise par le FMI et La Banque Mondiale parce qu'ils ont failli à l'ancien programme d'ajustements structurels. En particulier, des pays comme le Mali, le Bénin, le Chad, le Burkina Faso, le Malawi, le Nicaragua et le Honduras ( voir si-dessous) ont été trop lents au goût du FMI en ce qui concerne la privatisation hydroélectrique, les télécommunications et les systèmes d'eau. De plus, ils n'ont pas assez réduit leurs dépenses publiques. Comme résultat, le soulagement de la dette dont ils auraient pu bénéficier fut retenu même si ces pays comptent parmi les plus pauvres du monde.
Depuis les premiers jours des diverses campagnes sur l'annulation de la dette, nous avons réalisé que celles-ci ne peuvent pas par elle-même résoudre les problèmes économiques des pays pauvres. Il a toujours été absolument clair qu'un changement majeur dans les relations économiques globales est nécessaire. Oui, il est impératif qu'il y ait un soulagement de la dette afin que les pays pauvres aient une chance, toutefois ceci doit s'accompagner par un système économique plus équitable.
Ce qui est devenu le plus évident depuis Cologne est que pour le FMI, ainsi que pour les pays qui le font fonctionner et les coopérations qui en bénéficient, percevoir les dettes n'est que de second intérêt. Ce qui est important est que les pays demeurent redevables. En effet, l'objectif fixé par la Banque Mondiale et par le FMI initiative PPTE du processus pour la réduction de la dette est de maintenir les pays appauvris à un stade où la 'soutenabilité de la dette' dans lequels ils continuent à faire des paiements . Et pour aussi longtemps qu'ils demeurent endettés, les créanciers, qu'ils soient des pays ou des institutions, peuvent intervenir dans leurs opérations internes. L'endettement de plusieurs pays est devenu un moyen de pillage de ressources pour des créanciers.
Sous de nombreuses répétitions que le secteur privé est plus efficace que le secteur public, le FMI et la Banque Mondiale facilitent la relève complète des ressources des pays pauvres par des coopérations majeures. En théorie, la privatisation signifie un changement de contrôle des compagnies et des ressources au secteur privé. En pratique, ceci signifie détourner le contrôle de l'économie d'un pays vers des intérêts étrangers. Lorsque l'Honduras se fait demander de privatiser son secteur des télécommunications afin de bénéficier du soulagement de la dette, cela ne signifie pas que les corporations honduriennes vont maintenant contrôler les téléphones de l'Honduras. Non, c'est un conglomérat de corporations étrangères qui vont profiter. L'approvisionnement d'eau au Ghana n'est pas repris par une compagnie ghanéenne, mais plutôt par des compagnies françaises.
Un jour, dans un futur rapproché, le FMI et ses amis commenceront à donner des soulagements de dettes aux pauvres. Ils le feront par bonté de coeur, mais aussi parce que la dette va avoir servi son objectif et n'est plus requise. Les nations redevables ne seront plus que des coquilles vides, leur vie économique ayant été saigné à l'os.
Comme si ceci n'était pas assez grave, il existe un autre développement alarmant. Plusieurs organisations parmi la communauté de développement international, de qui on pourrait s'attendre une dénonciation des comportements récents du FMI, semblent avoir jouer dans une des parties du processus DSRP. Le stratagème qu'utilisent avec succès le FMI et la Banque Mondiale est que ces DSRP sont "démocratiques". Les pays redevables eux-mêmes, leur population civile et la communauté de développement international sont tous invité à se prononcer sur les formes que devraient prendre les DSRP. Peu importe, les principales composantes des ajustements structurels- comme la privatisation, la coupure dans les budgets et les dépenses publiques- demeurent intouchables et hors d'atteinte de la puissance du public. Le FMI et la Banque Mondiale continuent de décider des règles du jeu et prennent la décision finale sur ce qui est acceptable ou pas.
Proposer un encadrement différent serait louable. Dans le contexte présent, où les créditeurs continuent à renforcer un régime d'ajustements structurels, la situation peut être apparentée à jouer du violon pendant que brûle Rome ou replacer les chaises de ponts pendant que coule le Titanic.
Vingt années ont passé depuis que la "crise de la dette" à dimension internationale amena le Mexique et le Brésil à menacer d'interrompre le remboursement de leur dette, particulièrement aux créanciers privés. Cela fait vingt ans depuis que le FMI et la Banque Mondiale sont venues en aide aux banques privées et qu'ils ont poussé leur programme d'ajustements structurels à la gorge des pays les plus pauvres au monde. Vingt années de PAS, PPTE, DSRP! Et qu'est-ce que l'on obtient : Plus de dettes, la privatisation, un excès de café, de bananes, de cacao ou autres produits du "Tiers Monde" maintenant disponibles pour des "peanuts" et... énormément de personnes affamées.
Pendant ce temps, le monde regarde de l'avant.
Quelques-unes des évidences
En débutant l'année 2002, le FMI dément le fait que l'atténuation de la dette appauvrie des nations du monde, incluant plusieurs pays africains, malgré le contexte de la crise. Huit des seize pays les plus appauvris au monde selon l'Indice du Développement Humain des Nations Unies se sont vus refuser le soulagement de la dette par le FMI. Ces huit pays africains, le Nicaragua et le Honduras, coulent sous l'impact exacerbant des sécheresses et de la chute des récoltes de nourriture.
Le soulagement de la dette est conditionnel à la privatisation des services publics (ex. l'eau, l'électricité, les télécommunications, le transport) et des ressources naturelles (le pétrole, le gaz). L'impuissance à respecter ces conditions signifie le refus de tout soulagement de la dette.
Pendant que l'achèvement du soulagement de la dette avance dans plusieurs de ces pays, le FMI continu à forcer la conformité avec les règlements corporatifs.
Par exemple, en 2001 les Nicaraguayens étaient affamés à cause de la séchesse et l'effondrement des prix du café exporté. Jusqu'alors le FMI n'est pas satisfait avec l'effort du gouvernement à couper dans le budget, à accumuler des réserves étrangères et à privatiser les services publics. Un document du FMI publié le 2 octobre indique que le programme PPTE au Nicaragua n'irait pas de l'avant jusqu'à ce que le pays se conforme aux conditions monétaires fiscales et de privatisation.
Monsieur Ian Bennett, le directeur exécutif du FMI représentant le Canada, justifie l'action qu'adopte le FMI ainsi : Malereusement, le Nicaragua s'éloigne des objectifs de la politique acceptée et les autorités du Nicaragua ne peuvent pas procurer l'assurance que les dépenses du gouvernement peuvent être contrôlées. C'est avec regret que le FMI à dû suspendre le FRPC.
( Le FRPC est une abréviation pour "Faculté pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance " le nouveau nom pour le programme des ajustements structurels. Sans l'acceptation du FMI, accordé au travers du processus du FRPC, l'ensemble du programme du soulagement de la dette est terminé- non seulement pour le FMI, mais également pour presque tous les créditeurs, comme la banque Mondiale la banque du Développement Inter-Américaine et les pays riches.)
Le FMI met en pratique les mêmes politiques au Honduras qui a aussi été touché par des sécheresses, par la chute des récoltes de la nourriture, et divers chocs économiques. Le retard du soulagement de la dette au Honduras est causé par le retard dans la privatisation dans le secteur public, dans le secteur banquier et dans l'administration publique.
Dans les années précédentes, ces pays ont vécu des crises causées par des sécheresses et des mauvaises récoltes ce qui a eu comme conséquence un accroissement de la famine et de la pauvreté. Ainsi, le FMI tire avantage de ces situations désespérées pour privatiser des ressources et de faire respecter les conditions qui profitent aux corporations qui récoltent les profits de ceux qui déjà souffrent le plus. L'Indice du Développement Humain des Nations Unies classe 162 pays en terme de la qualité de la vie, le plus bas étant celui du Sierra Leone à 162. Les pays africains qui ont été sujets de retard dans le soulagement de leur dette sont représentés par le classement de (IDH)
Niger – 161
Burkina Faso – 159
Guinée-Bissau - 156
Pays, Contexte, et Retard soulagement de la dette
Niger
Indice du Développement Humain: 161 (le plus bas = 162 Sierra Leone)
L'espérance de vie à la naissance ( années): 45 Famines, grande pénurie de céréales. Déclin dans la production économique Réfugiés provenant de conflits avoisinants.
Retard à suivre les demandes des ajustements structurels en 2000 et début 2001 met le soulagement de la dette Le gouvernement a commencé par ouvrir des industries de pétrole, à privatiser l'eau, l'électricité, les télécommunications.
Burkina Faso
IDH : 159 Sécheresses sévères et pauvre moisson de céréales, montée du prix du pétrole exacerbe le niveau de pauvreté
Le soulagement de la dette retardé puisque le FMI et la BM a demandé une "limitation stricte des dépenses non-essentielles", une coupure des salaires dans le secteur public, augmenter les taxes, la privatisation des compagnies de télécommunication (ONATEL) et les compagnies d'électricité(SONABEL)
Guinée-Bissau
IDH: 156 Espérance de vie: 45
Aucun progrès discernable dus à son adhésion aux initiatives du PPTE en décembre 2000.
Tchad
IDH : 155 Espérance de vie: 44
Mauvaises conditions météorologique et pénurie de nourriture. Le Tchad fait face à la pire famine depuis une décennie. Des luttes intensifiées des rebelles dans le nord suscita une montées des dépenses dans la défense, une crise énergétique et un manque d'investissements étrangers.
Un retard dans le démarrage du processus du soulagement de la dette parce que le Tchad a pris du retard en suivant les demandes d'ajustements structurels, incluant montée contrôle des prix dans le pétrole, réforme du service public privatisation d'eau, téléphones, routes, électricité, secteur du cotton.
Mali
IDH : 140 Espérance de vie: 51
Sécheresse, accroissement de la faim, impact des conflits avoisinants.
Retard du soulagement de la dette causé par la lenteur du processus de privatisation. Le gouvernement va privatiser le coton, télécommunications, chemins de fers, augmenter le prix de l'eau et l'électricité, et élever le prix des taxes du pétrole afin de satisfaire les pré requis du FRPC.
Rwanda
IDH : 152 Espérance de vie: 40
11.2% des adultes sont infectés par le VIH
Le FMI et la BM félicitent les mesures prises afin de resserrer les politiques fiscales et monétaires, réforme service civil, mais retarde le soulagement de la dette parce que les dépenses demeurent au-dessus des objectifs du FRPC.
Malawi
IDH : 151 Espérance de vie:40
Sécheresse, augmentation prix du pétrole
Le point d'achèvement de la dette retardé, le gouvernement est critiqué pour sa lenteur à privatiser les industries publiques, comme Malawi Telecom.
Bénin
IDH : 147 Espérance de vie: 54
Le point d'achèvement du soulagement de la dette retardé, trop lent à privatiser. Le FMI et BM demandent une privatisation accélérée de tous les secteurs publics, incluant l'eau, les télécommunications, électricité.
Honduras
IDH : 104 Espérance de vie: 66
Sécheresse, crise économique due à l'effondrement du prix du café, et dépendance vis à vis les états-Unis
Retard dans le soulagement de la dette causé par le retard à privatiser le secteur public, secteur bancaire, et l'administration publique. Le FMI et la BM demandent une accélération du processus de privatisation de l'électricité, la réforme du service civil, coupures dans les salaires de la fonction publique.


